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4 besoin humains pour susciter l'engagement - Restez dans le Moov
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4 besoin humains pour susciter l’engagement

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4 besoin humains pour susciter l’engagement

Motiver et faire adhérer est un des défis principaux des leaders et dirigeants. La plupart du temps, cela passe par des moyens de contrôle externes (récompenses/ punitions, couleurs de comportement) pour gagner l’engagement par le contrôle et par la force. Or les études (et notamment celles de Daniel Pink) ont montré que la motivation extrinsèque est beaucoup moins efficace (si ce n’est inefficace à long terme) sur le degré d’engagement.

La solution peut être différente : ce qui compte ici est surtout l’approche consultative et démocratique en raisonnant en termes de besoins des uns et des autres pour permettre de faire émerger une solution qui convienne à tout le monde.

1.Le besoin de confiance

La confiance est la fondation de toute relation couronnée de succès. A l’école (et plus tard au collège, au lycée et même à l’université), la confiance mutuelle enseignant/ élèves est une condition pour que les élèves mettent tous leurs efforts et leur intelligence dans les apprentissages.

Quand la confiance est absente, les personnes peuvent avoir peur de se tromper, redouter les échecs et se créer un rôle (de soumis, de rebelle, de “lèche botte”…) de peur de montrer leur vulnérabilité.

La foi inébranlable dans l’intelligence des personnes et dans leur bonne volonté est justement le levier de l’intelligence des personnes et de leur bonne volonté.

L’effet Pygmalion en est la meilleure preuve. Robert Rosenthal, psychologue américain du milieu du XX° siècle, a mené l’expérience suivante :

  • il a constitué deux échantillons de rats totalement au hasard,
  • il a convié des étudiants pour une expérience avec ces rats : ces derniers doivent retrouver leur chemin dans un labyrinthe,
  • les étudiants sont eux-mêmes scindés en deux groupes :
    • Rosenthal indique au premier groupe que l’échantillon de rats qui leur a été attribué est composé de rats particulièrement intelligents,
    • Rosenthal indique au deuxième groupe que l’échantillon de rats qui leur a été attribué est composé de rats atteints de maladies génétiques et par conséquent retardés mentalement.

Ces indications sont fantaisistes car les rats ont été sélectionnés aléatoirement. Les résultats de l’expérience confirment pourtant les prédictions du psychologue : les rats du premier groupe passent le labyrinthe sans problème alors que certains rats du deuxième groupe ne quittent même pas la ligne de départ !

Après analyse, il se trouve que les étudiants du premier groupe se sont montrés chaleureux, sympathiques et encourageants avec leurs rats supposés brillants; tandis que les étudiants du deuxième groupe se sont montrés distants et froids avec leurs rats supposés stupides.

Rosenthal a réitéré cette expérience avec des enfants dans une école de San Francisco. Le psychologue s’est adjoint les services de Leonore Jacobson, directrice d’école. Ils ont voulu évaluer l’impact des attentes favorables des enseignants sur le niveau de développement intellectuel des élèves.

Rosenthal et Jacobson ont fait passer un test de QI à l’ensemble des élèves d’une école défavorisée composée essentiellement d’enfants d’immigrés. Puis, ils ont attribué un résultat surévalué à 20% des élèves et se sont arrangés pour que les enseignants prennent connaissance de ces résultats.

A la fin de l’année scolaire, Rosenthal et Jacobson ont à nouveau soumis les élèves à un test de QI.

Il se trouve que les 20% des élèves dont les résultats avaient été surévalués se sont comportés comme les souris du premier groupe : leurs performances aux tests de QI ont augmenté ! Pour la seule et unique raison que les enseignants ont porté un regard positif et valorisant sur ces enfants-là du fait d’attentes et de croyances modifiées à leur égard.

Les attentes et croyances sur les compétences et le potentiel d’un enfant modifient son évolution scolaire.

2.Le besoin d’espoir

Les vrais leaders sont des pourvoyeurs d’espoir. – Rosey Grier (champion de football américain)

Les personnes ont besoin de croire qu’ils pourront croître, apprendre, développer leurs compétences et avoir des opportunités de contribuer grâce à leurs talents. Cela fait partie du travail des enseignants que de soutenir l’espoir des élèves.

D’après Dr Gerald Hüther (neurobiologiste allemand), les humains font deux expériences majeures dans l’enfance : la croissance et le lien.

  • la croissance

Les humains naissent avec l’espoir qu’il y aura dehors quelque chose à découvrir et à faire. Les bébés humains veulent trouver des choses qui les feront grandir, qui les rendront autonomes et cela se maintient à tout âge de la vie humaine.

  • le lien

Le système de l’attachement fait en sorte que les humains viennent au monde avec l’espoir d’être les bienvenus. Les humains de tout âge s’attendent à ce que quelqu’un leur offre proximité et soutien.

Les expériences les plus importantes sont toujours celles qui ont lieu quand il est possible de combiner ces deux expériences primitives. – Dr Gerald Hüther

3.Le besoin de sentir sa propre valeur

Les êtres humains naissent pour apprendre. Les neurosciences ont prouvé que la raison d’être des bébés et des enfants est d’apprendre. On peut  comparer le cerveau des bébés et des enfants à un ordinateur mais beaucoup plus puissant et d’une nature évolutive, dont le moteur est émotionnel. Alison Gopnik (chercheuse en psychologie du développement) parle d’“ordinateurs biologiques”.

Ainsi, c’est dans le plaisir de la compréhension que les humains construisent leur sentiment de valeur intrinsèque. Les personnes ont besoin de sentir que leurs efforts se traduiront en apprentissages, en contributions positives et en reconnaissance. En effet, les ordinateurs biologiques que sont les bébés et les enfants sont conçus pour fonctionner comme éléments d’un réseau social complexe. Ils en reçoivent des stimulations qui vont participer à la maturation de leur cerveau et à leurs apprentissages mais également des feedbacks sous formes d’encouragement, de reconnaissance, de gratitude.

4.Le besoin de se sentir compétent.e

Les personnes ont besoin de situations qui favorisent l’apparition du “flow” tel que conceptualisé par Csíkszentmihályi. Quand on est dans le flow, l’expérience en elle-même est si agréable qu’on la fait dans la seule finalité de la faire.

Les personnes qui atteignent fréquemment cet état de développent un soi plus fort, plein de confiance et efficace parce que leur énergie psychique a été investie avec succès dans la réalisation des objectifs qu’elles avaient l’intention de poursuivre.

Csikszentmihalyi propose 8 caractéristiques majeures pour définir l’expérience optimale :

  • La tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude particulière

Pour augmenter la qualité de vie, il faut des tâches qui font appel à des aptitudes assez élaborées. L’expérience optimale intervient quand il y a une correspondance adéquate entre les exigences de la tâche et les capacités de l’individu : elle apparait entre l’anxiété et l’ennui.

  • L’individu se concentre sur ce qu’il fait

Dans l’expérience « flot » (ou flow ou encore flux), tout semble s’écouler en dehors du temps, on est totalement immergé dans l’activité. L’action nous emporte comme par magie.

  • La cible visée est claire

L’engagement total est rendu possible grâce à un but clair et une rétroaction immédiate. Si une personne ne se donne pas de cible et ne peut jauger son activité, elle n’aura pas (ou peu) de plaisir à la réaliser.

  • L’activité en cours fournit une rétroactivation (ou feedback)

Le contenu de la rétroaction est en lui-même peu important. N’importe quel type de rétroaction peut être agréable s’il est logiquement relié au but pour laquelle la personne a investi de l’énergie (physique et psychique).

  • L’engagement de l’individu est profond et fait disparaître toute distraction

La personne qui se trouve dans une expérience optimale est capable d’oublier les aspects déplaisants de sa vie, ses frustrations ou ses préoccupations. On retrouve ici des ponts avec la pleine conscience : les pensées troublantes ou non pertinentes pour le déroulement de l’activité sont temporairement mises de côté.

  • La personne exerce le contrôle sur ses actions

Ce n’est pas le fait de gagner ou même de réussir qui compte mais le fait d’agir, de contrôler les actions, de réduire le danger dans une activité à risque, de développer suffisamment d’aptitudes pour maîtriser.

  • La préoccupation de soi disparait mais, paradoxalement, le sens du soi est renforcé à la suite de l’expérience optimale

On s’oublie soi-même dans l’expérience optimale. Dans la vie quotidienne, notre soi se sent vulnérable régulièrement et il nous faut de l’énergie pour restaurer l’ordre de la conscience.

Or dans l’expérience optimale, le soi ne se sent pas menacé parce que celle-ci correspond bien à nos capacités.

  • La perception de la durée est altérée

Le temps ne se déroule pas de façon habituelle.

Ainsi, les personnes ont besoin de défis à leur mesure : ni trop faciles ni trop difficiles. Par ailleurs, Csíkszentmihályi écrit qu’il est permis de penser que les enfants soumis à des pressions ou des mauvais traitements (punitions, humiliations, privations, cris, menaces, chantage…) seront si préoccupés par la sauvegarde de leur propre soi qu’ils disposeront de bien peu d’énergie pour poursuivre des activités autogratifiantes.

Jenny B.

Jenny B.

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